nouveau programme (Généralités)
Que pensez-vous de ce nouveau programme ?
nouveau programme
Je n'ai pas encore abordé tous les chapitres, mais pour l'instant, le plus gros problème de ce programme, comme prévu, est le chapitre sur les vecteurs. J'ai essayé de faire comme le programme au début pour l'introduction de la translation et des vecteurs; j'ai vraiment eu l'impression de patauger (et de parler chinois aux élèves) et je n'ai pu me remettre sur pieds que lorsque j'ai enfin parlé de direction, sens et longueur; comme avant ! Mais ce chapitre me semble long, laborieux et je m'ennuie à rester dans les repères orthonormés; on ne peut plus faire les exercices vraiment intéressants.
Par contre, les fonctions sont bien mieux assimilées grâce au nouveau programme de 3ème; les élèves sont bien meilleurs que l'année dernière sur ce sujet, même les faibles sont souvent meilleurs que les redoublants qui continuent à être pénalisés par la façon dont ils l'avaient abordés avec l'ancien programme. Toutefois, le chapitre sur l'ordre manque, ainsi que celui sur les intervalles; les élèves ont du mal à comprendre les intervalles (surtout l'union ou l'intersection).
nouveau programme
En fait ce programme n'est pas si mal si on respecte deux conditions :
- ne pas en tenir trop compte dans le détail des chapitres ;
- et ne surtout pas tenir compte de ses considérations d'ordre pédagogique (à ce sujet, la lecture des documents d'accompagnement est une franche partie de rigolade).
Dans ce cas je trouve que les choses se passent plutôt bien.
Autrement dit : il me semble indispensable de continuer de faire des chapitres spécifiques de révision et des cours bien rigoureux, et ne surtout pas rentrer dans cette "culture du problème à tout prix", fruit d'un constructivisme mal compris qui condamne les neuf dixièmes des élèves à ne faire absolument rien (sauf peut-être dans les bonnes classes des bons lycées de centre-ville). Pour ma part, j'ai donc repris les chapitres de l'an dernier en les élaguant un peu, avec entre autres un chapitre de calcul algébrique, un autre sur l'ordre et sur les intervalles, un autre sur les équations du premier degré, etc. C'est d'autant plus nécessaire qu'avec les changements au collège, les élèves ont plutôt régressé dans tout ce qui touche à la technique.
Après, il y a plein de points incohérents et particulièrement mal écrits, et je ne comprends pas que ce programme ne soit pas réécrit pour l'an prochain, ne fût-ce qu'en partie. Le chapitre sur les vecteurs, notamment, est très mal fichu, la définition est absurde, les restrictions artificielles, le calcul vectoriel absent (ce qui nous contraint à continuer de faire du hors-programme si on veut que nos élèves suivent en 1eS). Bref, la seule possibilité est de tout faire autrement. Qu'ils n'en aient pas fait au collège ne me semble par contre pas changer grand-chose (de toute façon, ils mélangeaient tout en arrivant).
Avoir supprimé l'arithmétique au moment où l'on prétend faire davantage de logique n'est pas non plus malin malin. Et je passe sur d'autres aberrations secondaires mais saisissantes comme le radian non exigible en trigonométrie.
Côté points positifs : les élèves sont un peu meilleurs sur les fonctions, la suppression du chapitre sur les triangles me paraît une bonne chose, et l'algorithmique a été pour moi une vraie bonne surprise (même si ce chapitre me semble très mal traité dans les quelques bouquins qui sont sortis ; tout est inutilement compliqué, pourquoi n'utilisent-ils ni organigramme ni véritable langage en français, comme linotte ou execalgo ??? - je ne parle pas de cette usine à gaz qu'est scratch...). En quelques heures, on arrive à faire des choses assez intéressantes sans perdre trop d'élèves.
Donc, pour résumer, le contenu sous-jacent du programme est à mon avis assez adapté, mais la forme plutôt catastrphique.
Avantage : cela m'a définitivement affranchi de toutes les consignes officielles.
Reste un gros problème : à force de repousser les difficultés (la trigo à peu près sacrifiée, la géo dans l'espace très diminuée, la valeur absolue supprimée, de même que l'arithmétique, etc), on peut craindre le pire pour le futur programme de 1eS et les difficultés qu'y rencontreront nos élèves. Surtout avec la réforme qui s'annonce.
nouveau programme
J'avoue ne pas comprendre le sens du dernier message....
Comment dire qu'un programme est réussi si on ne tient compte ni de son esprit ni de son contenu? Effectivement si chacun va dans ce sens comment feront les futurs professeurs des classes supérieures dont les élèves n'auront pas été formés de la même façon ....(comme d'habitude d'ailleurs...)
En fait le professeur ne doit donc tenir donc compte que de l'intitulé des chapitres en y rajoutant ceux qui lui plaisaient dans l'ancien programme si j'ai bien compris le dernier message ...
nouveau programme
La formulation de mon message était largement ironique. Je n'ai jamais dit que ce programme était réussi, puisque j'estime qu'il faudrait le réécrire à peu près complètement.
En fait le professeur ne doit donc tenir donc compte que de l'intitulé des chapitres en y rajoutant ceux qui lui plaisaient dans l'ancien programme si j'ai bien compris le dernier message ...
C'est globalement ça. Je trouve qu'on n'a pas vraiment le choix si on ne veut pas construire sur du sable. Par exemple, ça ne sert à rien de faire des exercices un peu complexes de mise en équation si on n'a pas revu d'abord les équations du premier degré (l'idée de les revoir "au fil des exercices" étant à peu près complètement inefficace dans la pratique).
Effectivement si chacun va dans ce sens comment feront les futurs professeurs des classes supérieures dont les élèves n'auront pas été formés de la même façon ....(comme d'habitude d'ailleurs...)
Je ne suis pas d'accord sur ce point : le but reste bien d'atteindre les objectifs donnés par le programme (plus, c'est vrai, quelques autres ici ou là pour préparer correctement la suite, mais vous reconnaissez vous-même que c'était déjà le cas avant), à savoir en maîtriser les concepts et les techniques. Je dis juste que c'est à mon avis faisable, mais que pour cela il faut s'y prendre tout autrement que ce n'est suggéré. Si en fin d'année le niveau est atteint (dans la mesure du possible, évidemment), où est le problème pour les professeurs des classes supérieures ?
nouveau programme (début)
Globalement ce programme souffre du choix qui a été fait de le rédiger par "compétences attendues" plutôt que par "notions" ; mais nous allons devoir nous habituer à ce type de présentation qui semble - malheureusement - être très en vogue actuellement dans les hautes sphères pédagogiques.
L'un des principaux écueils relatifs à ce genre de rédaction reste celui des notions sous-jacentes (intervalles et ordre par exemple...) qui doivent être "traitées en situation sans faire l'objet d'un chapitre de cours". D'une part, cela fait qu'un programme à première vue modeste s'avère en définitive assez lourd à gérer dans le temps imparti et, d'autre part, l'appropriation de ces notions par les élèves est en pratique très variable - ce qui n'a rien de surprenant puisque leur statut n'est pas clairement identifié.
Dans le même ordre d'idée, l'injonction au recours systématique à des "problèmes miracles" supposés motiver les élèves et donner du "sens" aux notions mathématiques laisse rêveur, surtout lorsqu'on observe que les exemples proposés dans les documents d'accompagnement sont en définitive des versions relookées d'exercices déjà bien connus dont la plupart sont des variations sur le thème des problèmes d'aires et de volumes, ce qui à priori est excessivement rébarbatif pour les élèves qui n'aiment pas spécialement les maths.
La partie fonctions ressemble finalement beaucoup à ce qui se faisait auparavant, et c'est une bonne chose que les élèves l'aient déjà abordée au collège car l'articulation troisième-seconde se fait mieux de ce point de vue. En revanche les lacunes en calcul sont un véritable handicap et l'invocation d’une mobilisation éclairée et pertinente des logiciels de calcul formel reste une énorme farce.
On peut s'interroger sur la pertinence d'énoncer les résultats sur les variations des polynômes de degré 2 sans les démontrer ; autant le faire convenablement quelques mois plus tard en classe de première.
L'histoire du radian non exigible est absurde.
Concernant la géométrie, la définition des vecteurs par bipoints équipollents non avoués est certes plus rigoureuse mathématiquement que celle par direction/sens/longueur, mais elle ne permet pas aux élèves de se construire une représentation mentale claire de ce qu'est un vecteur. Cette définition est celle que j'ai connue au collège en tant qu'élève, mais elle était précédée d'un important et long travail préalable pour relier les bipoints équipollents aux parallélogrammes (un chapitre complet dans mon souvenir), les vecteurs et la translation n'arrivant que dans un second temps - la version actuelle me semble trop abrupte et, en pratique, direction/sens/longueur constitue sûrement un meilleur compromis. La définition de la multiplication d'un vecteur par un réel amène aussi des difficultés dès qu'il faut faire une construction vectorielle, mais est-ce encore au programme ? D'ailleurs la place du calcul vectoriel n'est pas claire (elle est interprétée assez diversement par plusieurs collègues, allant de "comme avant" à "pas du tout hors repère") et on imagine mal quelle sera la poursuite de ce chapitre en série S - pour l'instant on ne peut qu'imaginer.
Autre problème, la géométrie repérée est abordée à contresens avec la formule des coordonnées du milieu d'un segment qui est employée pour démontrer celle des coordonnées d'un vecteur : c'est à la fois techniquement plus compliqué pour des élèves qui n'ont aucune aisance avec le calcul et moins pertinent d'un point de vue du concept mathématique.
Je n'ai par contre aucun regret concernant la disparition du chapitre sur les triangles isométriques/semblables ; artificiellement (ré)apparu lors de la précédente réforme (en compensation de la perte des transformations si je me souviens bien), il n'a jamais fait l'objet de la moindre poursuite dans les programmes de première ou de terminale. Au passage, on notera avec amusement le sort réservé dix ans plus tard à ce qui fut une des grandes "innovations" du programme précédent...
Je perçois mal l'intérêt du maintien de la géométrie dans l'espace car c'est chapitre assez isolé dans le programme de seconde qui était souvent traité en fin d'année - quand il l'était -, bref c'est trop ou trop peu. J'imagine que quelques collègues très attachés à ce chapitre se sont montrés particulièrement réactifs lorsqu'il a failli disparaître, mais j'ai du mal à croire à une véritable unanimité pour son maintien. Sur ce point, compte tenu du niveau des élèves et des contraintes horaires, le recul des rédacteurs du programme est soit une erreur soit un choix tactique de la méthode du pire...
Mon message est trop long, la suite est ci-dessous.
nouveau programme (suite et fin)
L'apparition des probabilités est à mon avis une bonne chose, cela permet aux élèves de se familiariser plus tôt à ces notions et aux notations ensemblistes (pour les futurs scientifiques), cela donne aussi l'occasion de faire un peu de logique élémentaire (et/ou, négation) sans être trop abstrait.
En revanche j'ai de sérieuses réserves sur les statistiques. Tout d'abord le choix de privilégier le couple médiane/quartiles conduit à passer du temps sur des calculs franchement peu passionnants (sur ce plan la moyenne et l'écart type ne le sont guère plus, mais ce sont des outils mathématiques plus performants pour la suite), mais le véritable problème reste l'initiation à la fluctuation d'échantillonnage et aux intervalles de confiance : ce sont des notions délicates à appréhender qui me semblent trop ambitieuses pour des élèves de seconde d'autant plus qu'à ce niveau on ne dispose d'aucun véritable outil mathématique permettant d'apporter un éclairage autre que purement intuitif ou empirique. A ce propos, l’intervalle de fluctuation d'une fréquence au seuil de 95% a quelque chose d'aberrant puisqu'il est totalement parachuté, que le modèle permettant de l'expliquer convenablement (le théorème central limite) est hors d'atteinte, que sa détermination expérimentale par simulation ne correspond pas aux pratiques réelles des statisticiens et qu'il entretient une confusion entre un intervalle de confiance à proprement parler (utilisés pour estimer un paramètre) et les intervalles construits lors des tests d'hypothèses - heureusement, les élèves n'en retiendront sans doute pas grand chose. Il se pose aussi une autre question : comment poursuivre ce chapitre avant la fin de la classe de terminale ? Tout prolongement ne pourrait qu'être aussi artificiel et peu rigoureux car les modèles probabilistes mis en jeu font au moins appel à la loi normale et donc à des intégrales ; presque tout ce qui est (presque) raisonnablement faisable en lycée aura déjà été traité en seconde.
Concernant l'algorithmique, nous avons été pris de court et il est difficile de trouver une cohérence forte avec l'ensemble du programme ; bien sûr cela plaît bien aux élèves d'utiliser les ordinateurs et puis on a toujours fait de l'algorithmique dans quasiment tous les chapitres à la manière de monsieur Jourdain faisant de la prose, mais doit-on en faire un point central explicite de la formation mathématique et comment l'introduire sans que cela ne soit un saupoudrage artificiel ? Faute d'une véritable formation dans ce domaine (pour beaucoup), comment appréhender les tenants et les aboutissants de ce non-chapitre ? De plus cela pose à nouveau le problème des notions abordées de manière transversale qui s'avèrent souvent n'être que très superficiellement assimilées par les élèves.
Dernier point - et c'est un pur détail - dans la partie sur le raisonnement, la contraposée figure encore dans la liste des objectifs du lycée ; c'est une bien belle déclaration d'intention, mais c'est un voeu pieux car sans cours de logique sur l'implication et l'équivalence, on ne peut pas réellement l'expliquer convenablement. De plus au niveau du lycée, on peut éviter le recours à la contraposée grâce au raisonnement par l'absurde (dont la maîtrise est déjà un objectif loin dêtre ridicule), bien sûr c'est moins joli d'un point de vue de l'esthétique de la démonstration, mais je n'ai pas non plus l'impression que l'institution nous ait donné pour mission de former des esthètes.
nouveau programme (suite et fin)
Pour aller dans le sens de l'excellent message précédent, je me dois de préciser ce que j'ai dit sur l'algorithmique : j'ai trouvé que ça passait plutôt mieux que prévu, mais à condition bien sûr de faire un (ou deux tout petits) chapitre(s) spécifique(s) dessus. Sinon ce n'est effectivement que du saupoudrage à mon avis sans grand intérêt. Evidemment, c'est tout l'inverse des consignes officielles, mais bon...